Dans les petits papiers de… MILLIMÈTRE.

© Victor Tsaconas, Maud Lazzerini, MILLIMÈTRE

« On aime les associations de couleurs heureuses et on s’amuse avec les codes de la reliure traditionnelle comme par exemple nos couvertures qui semblent être déchiquetées et dévoilent tout de suite le papier. »

 

Ecouter Maël, fondatrice de l’atelier MILLIMÈTRE, parler de son métier et de sa passion, c’est un peu comme écouter une douce mélodie où chaque son a sa place, chaque note est parfaitement choisie, pour le plus grand plaisir des oreilles.

MILLIMÈTRE, c’est un ovni dans le monde du papier. Un bel atelier parisien spécialisé dans les petites choses fabriqués à la main. Un espace dans lequel l’on coud des carnets, on construit des cadres, on bricole des livres et on invente des trucs. Au commencement de cette poésie, il y a Maël, relieuse de formation, qui mêle à sa belle imagination un savoir-faire pointu, pour faire naître de ses doigts des objets singuliers à la beauté naturelle et au caractère authentique.

 

• Qui est MILLIMÈTRE ?

Maël. MILLIMÈTRE c’est un atelier de papeterie singulière, une fabrique de cadres brodés et un imprimeur du sensible avec LES ÉDITIONS MINUSCULES. MILLIMÈTRE c’est Maël, relieuse de formation. Je m’intéresse aussi aux techniques d’impressions artisanales et à la fabrication de papier artisanale. J’expérimente dans ces domaines de manière autodidacte et je continue aussi à me former.

• Dites-nous en un peu plus sur ton parcours… Comment est né MILLIMÈTRE ?

Maël. À la fin de mon cursus universitaire en Histoire de l’Art, j’ai décidé d’apprendre un métier d’art. J’ai obtenu un CAP « Art de la reliure et de la dorure » à Paris. Deux mois après je suis partie travailler à La Tranchefile, un atelier de reliure d’art, à Montréal. J’ai appris plein de choses et j’ai rencontré des personnes attentionnées comme Josée Dessureault, Delphine Platten (qui a maintenant son propre atelier), Odette Drapeau (la fondatrice de La Tranchefile) et toute une troupe de relieurs amateurs très doués.

C’est à Montréal que j’ai compris que je voulais continuer à travailler dans un atelier avec ma tête et mes mains, debout, entourée d’outils. À mon retour en France, j’ai continué à me former mais aussi continuer à rencontrer des personnes qui créaient. J’ai alors inventé l’atelier MILLIMÈTRE et cofondé l’atelier LE TÂCHE PAPIER, atelier-galerie qui promeut le papier, l’impression, le graphisme et le livre en Bourgogne. Ensuite j’ai travaillé un an et demi dans un atelier de reliure à Paris où j’ai du mettre tous mes projets de côté. Puis en hiver 2017, MILLIMÈTRE, s’est réveillé, pour de bon cette fois-ci !

 

 

• Quelles sont les étapes dans la conception de tes créations ?

Maël. Je voulais un carnet souple, résistant et facile à manipuler. J’ai créé une structure avec des matières souples, le cuir et le papier. De cette structure est né une esthétique puisque ce sont les matériaux eux-mêmes qui créent le motif. La découpe de la couverture dévoile ou non le papier et se crée un motif comme un collage ou une gouache abstraite.

Ensuite je fabrique un prototype pour voir qu’elles sont les éléments à améliorer puis on lance la fabrication d’une petite série de la nouvelle collection.

Nous partons de grande feuilles pour créer les pages de nos carnets leur donnant un format non standardisé. Chaque cahier de pages est ensuite cousu à la main et relié au cahier suivant selon une technique traditionnelle de reliure assurant une très bonne résistance. Les dos de nos carnets sont ensuite apprêtés pour une meilleure tenue du bloc page. Puis les couvertures en cuir sont refendues, par un artisan pareur, afin d’obtenir plus de souplesse. Nous les découpons à la main pour créer un motif différent pour chaque carnet puis elles sont assemblées au bloc pages. Après une nuit à sécher sous des poids, on appose manuellement le nom de la marque, MILLIMÈTRE, sur l’arrière de chaque reliure avec la technique de la dorure à chaud.

Pour finir, chaque carnet est emballé dans un joli pochon en coton avec le logo tamponné à la main. Cela peut vous permettre de glisser des crayons avec votre carnet ou alors de stocker à l’abri votre carnet fini.

 

″Nous partons de grande feuilles pour créer les pages de nos carnets leur donnant un format non standardisé. Chaque cahier de pages est ensuite cousu à la main et relié au cahier suivant selon une technique traditionnelle de reliure assurant une très bonne résistance. Les dos de nos carnets sont ensuite apprêtés pour une meilleure tenue du bloc page. Puis les couvertures en cuir sont refendues, par un artisan pareur, afin d’obtenir plus de souplesse.″ 

 

 

 

Quels outils utilises-tu pour créer tes collections ?

Maël. On va avoir des petits outils : scalpel, plioir, aiguille, fil de lin, fleuron.
Des gros outils : cisaille, presse à percussion, et depuis peu un massicot !
Un autre artisan : un pareur pour amincir le cuir car je n’ai pas les outils pour le faire.
Et sinon un crayon, des carnets, un ordinateur, une souris sans fil et une imprimante.

Je trouve intéressant de parler des matériaux utilisés car je veille à ce que la grande majorité des matériaux soit issue de recyclage ou de récupération. Pour cela, il y a une association géniale, La Réserve des Arts, qui récupère et met à disposition des créatifs un large choix de matériaux.

 

″Je trouve intéressant de parler des matériaux utilisés car je veille à ce que la grande majorité des matériaux soit issue de recyclage ou de récupération.″ 

 

© MILLIMÈTRE - Atelier Millimètre

© MILLIMÈTRE – Atelier Millimètre

 

• Comment décrirais-tu le style de MILLIMÈTRE ?

Maël. Pétillant et un peu impertinent ! On aime les associations de couleurs heureuses et on s’amuse avec les codes de la reliure traditionnelle comme par exemple nos couvertures qui semblent être déchiquetées et dévoilent tout de suite le papier.

• D’où vient cette passion du papier et qu’est-ce qui t’inspire ?

Maël. Je me destinais à étudier le cinéma et la vidéo mais à la dernière minute j’ai choisi l’édition. Ensuite j’ai voulu me spécialiser dans l’édition de livres d’artistes mais tout au long de mes études j’avais besoin de créer et manipuler des matières. C’est le livre qui m’a amenée au papier. Comme je disais précédemment, je crée une structure avec l’association de plusieurs matières qui elles-mêmes créent des motifs et une esthétique. Le papier est au cœur de la création. C’est un matériau génial : il peut être fragile et résistant, familier et rare, recyclé et élégant.

 

• Ton point de vue sur l’avenir du papier ?

Maël. Il se porte bien le papier ! J’ai l’impression que le numérique et le papier cohabitent bien ensemble. Le numérique décharge un peu le papier de mauvaises tâches et le papier s’en retrouve grandi. Je pense qu’il y a encore des efforts à faire d’un point de vue environnemental mais pour ce qui est de la papeterie créative, pas mal de choses sont faites à ce niveau, et c’est chouette !

© MILLIMÈTRE - Atelier Millimètre

© MILLIMÈTRE – Atelier Millimètre

 

• Et tes futurs projets ?

Maël. MILLIMÈTRE fait toutes les démarches nécessaires pour être distribué dans de belles boutiques. Une nouvelle collection encore plus déchiquetée se prépare doucement. Et je compte bien fabriquer un jour moi-même mon propre papier.

• Le mot de la fin ?

Maël. Amusé.

 

⇒ A noter dans son carnet.

  • Le 7 et 8 avril MILLIMÈTRE sera présent au salon HÔTEL BOHÊME
    71, rue de la Fontaine au Roi à Paris (11e)
  • D’autres salons à venir tout le printemps et l’été à Paris
  • MILLIMÈTRE se retrouve sur leur EtsyFacebook et Instagram

 


Merci à Maël de MILLIMÈTRE pour cette interview. Tous droits réservés.
Crédits photos : Victor Tsaconas, Maud Lazzerini, MILLIMÈTRE.

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